À l’initiative de la section PCF de Vitry-sur-Seine s’est déroulé mercredi un bal populaire pour commémorer la « nuit du 4
août ». Un moment festif et politique emprunt d’espoirs révolutionnaires.
Avec tout ce qui se passe en ce moment, nous, les communistes, on ne pouvait pas être en vacances ! » affirme Luc Vallot,
responsable PCF de la section de Vitry-sur-Seine. À l’initiative de celle-ci, la place de l’Église de la commune est devenue, mercredi soir, le lieu d’un rassemblement populaire pour fêter la
nuit du 4 août et sa symbolique révolutionnaire. Là, un stand tenu par les communistes accueille le passant. Sur les tables, des livres autour de la Révolution Française et sur d’autres sujets
d’histoire attendent les lecteurs. Sur le côté une petite exposition rappelle l’enjeu historique de l’événement. On peut y voir également des caricatures retraçant l’éternel combat entre
possédants et possédés. Un Nicolas Sarkozy habillé en monarque absolu entouré de sa cour y est représenté, un lien entre hier et aujourd’hui. Éparpillés autour de la place, les gens discutent
autour des tables, écoutent la musique, partagent le repas et la boisson achetés au petit bar derrière lequel s’activent les militants.
Veau d’or et aristocratie financière
Au milieu de la place, recouvert de papier doré, le « veau d’or » trône majestueusement, symbole des privilèges dont on ne fera
qu’une bouchée ce soir. Près de 150 personnes ont répondu à l’invitation. Luc Vallot prend la parole. Il rend un hommage ému à Jean Collet, ancien résistant et camarade de la commune
décédé dans la nuit du 2 au 3 août. Revenant sur les dernières interventions de Nicolas Sarkozy il déclare que celui-ci « tente de diviser pour continuer à régner ». À l’auditoire, il
dénonce « la logique mortifère du capitalisme qui est à l’œuvre au niveau planétaire » et conclut son discours par un appel à la mobilisation syndicale prévue le 7 septembre pour la
défense des retraites. À son tour, Pascal Salvoldelli, membre du conseil national du PCF et vice-président du conseil général du Val-de-Marne, s’adresse au public pour l’inviter « à danser sur
l’abolition des privilèges ». Dans son intervention, l’élu communiste évoque le travail de l’ensemble des militantes et militants autour de cette initiative, il les remercie pour « ce
militantisme qui ne s’en tient pas qu’aux belles phrases ». Par la suite il dénonce les méfaits dans le pays de cette « aristocratie financière » au pouvoir, « ces seigneurs,
plutôt ces saigneurs » qui ont déclaré la guerre à l’ensemble des travailleurs.
« l’injustice est trop forte, ça donne la nausée »
« L’argent roi n’est pas compatible avec le droit qu’ont les hommes de naître libres et égaux », face à cela, la nuit du
4 août « suscite l’espoir ». La musique reprend. Incarnation, la militante à l’origine de l’événement, est rassurée : « On a eu peur à cause de la date, mais il y a vraiment du
monde, on est content. » Célébrer cette nuit était important pour elle, « l’injustice est trop forte, ça donne la nausée. Il faut qu’on relève la tête !» s’exclame-t-elle. Luc
Vallot est satisfait également de ce « pari réussi ». Avec espièglerie presque, il confie : « Le fait d’avoir coupé la tête d’un monarque, ça nous donne une
responsabilité. » Se sentant héritier de ce passé révolutionnaire, la perspective d’une nouvelle nuit du 4 août ne lui fait pas peur : « Je suis optimiste. Je fais confiance aux
générations futures pour trouver la route. » Devant la scène où jouent les musiciens, on aperçoit le drapeau français et le drapeau rouge marqué des sigles du PCF. En face, quelques couples
âgés s’illustrent à la valse. « C’est un moment de rencontre, de festivité, mais aussi un événement politique. Le rôle du Parti, c’est d’être cet outil au service des gens, de prêter ses
militants, de porter la révolte au service de la conquête de nouveaux droits, témoigne Pascal Salvoldelli, les gens répondent à cette forme de proximité, ils ont besoin de voir que nous, les
communistes, nous sommes au cœur d’une gauche combative. Non pas à gauche de la gauche ou autre, mais bien au cœur. » Une cocarde tricolore épinglée sur sa veste, il ajoute : « Le but
c’est de recréer un intérêt général, c’est le fondement même de la République. Cette République qui est aujourd’hui mise en danger par ces gens qui sont au pouvoir. » Dans une ambiance
familiale, la fête poursuit son cours. Des gamins s’amusent autour des tables tandis que les adultes discutent entre eux avec gaîté. « Il manque juste un peu de soleil », dit l’un. Le
ciel s’assombrit et l’orage se dessine à l’horizon. Annonciateur d’une colère populaire, peut-être.
Loïc Ramirez
Article dans l'Humanité du 06 août 2010